LES BASES DU MONTAGE

 Le montage est l'"art" de raccorder les plans (le mot " plan " a ici le sens de : ce que l’on garde au montage de ce qui a été filmé en une seule fois par la caméra ; ces plans seront réunis en segments, sous-unités de sens à l’intérieur d’une séquence, et en séquences, grandes unités de sens à l’intérieur du film ou du document).

Il peut présenter des formes simples ou complexes. On peut raccorder en "cut" (plan coupé net relié à un autre plan commençant sans effet particulier) ou de manière plus originale : utilisation du "fondu" à l'ouverture ou à la fermeture, du "fondu-enchaîné", du flou, de l'ouverture ou de la fermeture "à l'iris", ou de moyens plus sophistiqués (mosaïques, volets,...) permis aujourd'hui par les progrès de la technique.

On peut toutefois déterminer 2 grands types de raccords entre 2 plans :

  raccord discret, fluide, logique, à l'intérieur d'une unité de sens: on dit qu'il s'agit d'un raccord en "suture"

  raccord destiné à marquer une transition, une séparation entre 2 moments: c'est un raccord en "rupture".

Les raccords en "suture" peuvent suivre différentes logiques : valeurs de cadre élargies ou resserrées dans l'axe, place d'un personnage ou d'un objet, mouvement, regards, pensées...; les raccords en "rupture" jouent sur la cassure de ces valeurs (très gros plan succédant à un plan général) ou sur les effets particuliers évoqués plus haut. Le son peut renforcer la forme de ces 2 types de raccords.

Mais comme l'ensemble des "signifiants iconiques" (Liliane Hamm), le montage est à chaque changement de plan le résultat d'un choix, excluant les autres possibilités offertes au réalisateur, et porteur de sens.

La nécessité première est de réduire la polysémie de l'image, et il faut souvent "faire simple", même si cela peut paraître frustrant sur le plan de la création artistique.

Le sens est porté à chaque raccord par des axes, pouvant suivre une "hiérarchisation" qui varie suivant le cas: ce sont les axes de la composition, des cadres, des regards, des sons, des mouvements, des lumières, des couleurs. (cf. les "signifiants icôniques")

Il existe des formes "classiques" du montage, porteuses chacune de variations propres à en développer la richesse; citons le champ - contrechamp, l'insert, le montage alterné, en parallèle*, en accolade* (cf suite)...

Le montage "joue" également avec le temps : ellipses, montage chronologique (y compris les "flash backs") ou a-chronologique (exemple du rêve ou du montage en "accolade" dans lequel plusieurs " flashes " montrent les différents aspects d’une activité, profession ou personnalité, comme dans les génériques de feuilletons policiers américains par exemple, ou du montage en parallèle dans lequel des plans n’appartenant pas à l’action viennent renforcer le sens ou les sentiments, comme les flammes de la cheminée pendant une scène d’amour)

J. ESTAL